Travailleurs handicapés

 Travailleurs handicapés

Florian Doguet, 36 ans, Technicien en bureau d’études, Dassault Aviation, site de Mérignac.

Après un accident au bras droit, Florian Doguet, commando-parachutiste dans l’armée ne peut plus être opérationnel. Il souhaite alors se reconvertir dans le secteur civil, mais ne peut pas non plus exercer le métier de charpentier-bois qu’il a appris dans le cadre d’un brevet professionnel. En revanche, grâce à des compétences acquises pendant cette formation comme le dessin et la vision dans l’espace, il peut se reconvertir dans le dessin industriel.

Il cherche un centre de formation et intègre l’ESRP de Bordeaux (Établissement et service de réadaptation professionnelle), réservé aux adultes en situation de handicap. À cette époque, son projet est déjà de travailler chez Dassault Aviation à Mérignac. Il prépare le bac pro EDPI (Étude et définition de produits industriels), complété par deux stages dans le domaine des drones. Il obtient la mention très bien.

En 2018, à sa demande, L’ESRP le met alors en relation avec Dassault Aviation et Hanvol pour préparer en alternance un BTS CPI en 2 ans (Conception des produits industriels). Avec Hanvol, il rédige son CV et sa lettre de motivation et se prépare au mieux aux entretiens d’embauche qu’il devra passer pour signer son contrat en alternance. C’est chose faite, il effectue ses 2 ans d’alternance au bureau d’études et est embauché en CDI en janvier 2021 en tant que technicien au bureau d’études. Il travaille sur le Rafale et plus précisément sur la réparation de ces avions de combat en service. Son service fait l’étude des dommages causés sur les avions et apporte les solutions de réparation.

Charles-Marie Hulot, 30 ans, Ingénieur expert en systèmes de l’information et de la communication à la DIRISI (Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information).

Charles-Marie est passionné de musique classique et de sciences. Violoncelliste depuis son plus jeune âge, les résonnances de son instrument l’ont toujours fasciné « la modélisation des phénomènes physiques qui façonnent le son m’a toujours intéressé ». En 2010, après son bac S, il est accepté en double licence Sciences, option mécanique et musicologie, à La Sorbonne. La licence en poche, il décide de continuer un master franco-allemand de musicologie. Il valide son master en juin 2016.

Jeune diplômé, il recherche du travail en vain et doute de lui. Lors d’un salon dédié à l’emploi, il rencontre l’association Hanvol qui décide de l’aider car il est atteint d’un handicap moteur qui affecte ses membres supérieurs et inférieurs et parce qu’il est diplômé d’une licence en ingénierie mécanique.

Hanvol lui conseille de préparer un diplôme d’ingénieur en alternance, retravaille son CV et Charles-Marie révise ses cours. Il repère deux formations auxquelles il décide de faire acte de candidature : l’ISAE SUPMECA (fonctionnant avec le CFAI Mécavenir) et le CNAM (fonctionnant avec le CFAI « les ingénieurs 2000 »). En plus, il se prépare aux entretiens pour décrocher un poste dans les entreprises aéronautiques. Il est accepté dans les deux établissements et choisit l’ISAE SUPMECA pour le contenu de sa formation, mais aussi car l’école est plus proche de chez lui et donc accessible avec son handicap. Parallèlement, il signe un contrat en alternance de 3 ans avec Safran Transmission Systems. Malheureusement, à l’issue du contrat en 2020, l’entreprise durement touchée par les effets de la crise sanitaire sur l’aéronautique ne peut l’embaucher.

Là encore, Hanvol, avec l’aide de Cap Emploi, l’aide à retrouver un emploi. Il est Ingénieur expert en systèmes de l’information et de la communication à la DIRISI, Direction interarmées des réseaux d’infrastructure et des systèmes d’information de la Défense, ministère des Armées, depuis mai 2021. Agent sous contrat, il deviendra fonctionnaire en 2022 : une carrière d’ingénieur s’ouvre à lui.

David Danel, 45 ans, Support technique réparation chez Safran Power Units, à Toulouse.

David Danel est une personne très volontaire qui témoigne d’un beau parcours depuis 2013. Diplômé d’un CAP en mécanique automobile, CAP de tourneur et d’un BEP de tourneur-fraiseur, il occupe à partir de 2010, un poste de technicien de maintenance d’un parc de plus de 330 bus. Ce métier très physique lui provoque une hernie discale. L’entreprise ne répond pas à sa demande de reconversion en interne. Son état s’aggrave en névralgie cervico-brachiale avec compression de nerf et David se retrouve confronté à un long arrêt de travail de 10 mois avant licenciement pour inaptitude. Il obtient la reconnaissance RQTH.

En cherchant une reconversion dans l’aéronautique, secteur qui l’attirait déjà enfant car il parcourait les livres et articles écrits par un parent historien de l’aéronautique, Raymond Danel, mais sans jamais plus tard pouvoir intégrer ce secteur, il découvre l’association Hanvol et pose sa candidature. Après une journée de tests et d’entretiens à l’AFPA de Balma, il est retenu pour suivre la préformation au printemps 2013. Cette préparation de 10 semaines lui fait un bien fou, il se rend compte qu’il n’est pas seul à devoir changer de cap, à douter de ses capacités à étudier. Il reprend confiance en lui grâce au groupe, à l’accompagnement et à la bienveillance des acteurs d’Hanvol.

Il se lance dans la préparation d’un bac Pro MEI (Maintenance des équipements industriels) en 2 ans au CFAI de Beauzelle avec Liebherr Aerospace TOULOUSE qui lui propose de l’embaucher au poste de monteur série, une fois diplômé. Il choisit la seconde proposition de l’entreprise : préparer un BTS Assistance technique d’ingénieur et occuper le poste de gestionnaire de production. Il est major de sa promotion, tout comme pour le bac pro.

À ce moment-là, l’entreprise ne peut pas l’embaucher. Il recontacte l’association Hanvol qui lui conseille de préparer une licence professionnelle ; il choisit celle de Maintenance aéronautique à l’IUT de Blagnac. Hanvol le met en relation avec Airbus à Toulouse qui lui propose plusieurs contrats en alternance : sur la chaîne d’assemblage de l’A320, l’A330, ou bien chez Airbus Transport International au service de maintien de la navigabilité du Beluga, sans embauche à l’issue. Son intérêt pour le Beluga l’emporte ! Il ne regrette rien aujourd’hui car il a pu voler à bord de cet avion-cargo qui ressemble fort au cétacé.

Avec son nouveau diplôme en poche, il rentre en tant que préparateur de travail chez Diehl Aviation, prestataire d’Airbus, pour l’aménagement de cabine où il reste un an et ne renouvelle pas le CDD proposé. Enfin, en 2019, il intègre en intérim, Safran Power Units qui est spécialisé dans la conception et la production de systèmes de puissance pour l’aéronautique civile et militaire.

« Je suis fier, non pas de moi, mais de mon parcours. Le chemin est difficile, mais si on se donne les moyens, si on travaille et bien… on avance ! On apprend beaucoup de ses échecs et de ses réussites. Rien ne se mérite sans effort. J’ai souhaité témoigner pour remercier Hanvol de l’aide précieuse qu’elle a bien voulu m’apporter. »

Ces trois témoignages ont été recueillis par Hanvol. Lire aussi cet article pour en savoir plus sur l’association.

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