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Fabian, spécialiste composite dans l’aviation générale

Fabian Lienhard, 42 ans, technicien composite, est aussi dirigeant d’AeroTechnics, un atelier spécialiste du composite planeur. Il raconte son parcours et métier.

Des débuts dans l’aviation d’affaires

Dès l’âge de 15 ans, Fabian commence en tant que compagnon charpentier, mais son « rêve de gosse » est bien l’aéronautique. À 18 ans, il reprend ses études : CAP, bac pro Aéronautique, et il est directement embauché à la sortie de l’école, en 2004, par Jet Aviation, à Bâle, sur un poste de « outfitting » pour aménager des cabines VIP sur Falcon. Il y fera aussi de la maintenance, toujours dans les cabines. De 2009 à 2014, il est employé par TAG Aviation, à Genève, sur des tâches similaires.

« Il y a beaucoup de composite dans une cabine, ce qui permet de gagner du poids : meubles, plancher, etc., mais au cours de ses dix années en atelier, j’ai aussi touché à l’électricité, aux systèmes à oxygène, d’eau, à la menuiserie… Ce qui m’intéressait réellement était cependant le composite et j’ai commencé à me renseigner de mon côté, tout en apprenant auprès d’autres techniciens. On peut comparer le composite à de la cuisine : il y a des bases à connaître, mais chacun a ses petits secrets, astuces… »

Une pièce composite est constituée d’au moins deux matériaux différents qui vont être associés. Les tissus : verre, carbone ou kevlar – les principales familles de fibres –, qui vont être liés ensemble par de la résine. « C’est un produit très technique qui permet de produire des formes pouvant être extraordinaires. En plus, je manipule de belles matières. Son travail se rapproche plus du bois que du métal : on fait appel aux entures, au collage… »

Un savoir-faire appliqué à l’aviation générale

En 2014, Fabian est prêt à se mettre à son compte. Pilote de planeur en club, il sait qu’il manque de professionnels spécialisés dans la réparation du composite en France. Il crée AeroTechnics, un atelier agréé qui assure la maintenance et le suivi de navigabilité des planeurs, disposant également d’une cabine peinture. Il obtient rapidement ses premiers clients grâce à son activité de réparation composite, bien plus complexe que la fabrication de pièces.

Pour créer un matériau composite, il faut un moule qui a été fabriqué à partir d’une pièce maîtresse appelée « master ». Pour les pièces de série, le technicien s’appuie également sur un plan qui précise la forme et la structure de la pièce : découper les tissus, identifier les plis et leur orientation, les déposer dans le moule par couches avec de la résine mélangée à un durcisseur pour le liant. Après une étape de polymérisation qui va transformer l’empilage de fibres en pièce composite rigide, celle-ci va pouvoir enfin être démoulée.

« Tout ce qui est masters, moules et plans est jalousement gardé par les constructeurs. Nous ne fabriquons pas de pièces. En revanche, il nous arrive de leur demander de nous en fournir, comme une poutre de queue ou un longeron, que nous allons ensuite greffer sur un appareil. En cas de réparation, nous leur demandons les plans de stratification qu’on arrive généralement à obtenir. Nous travaillons sur des bâtis. On met en place des châssis sur lesquels on va venir déposer un fuselage intègre ou une aile par exemple, puis on va créer des points d’ancrage. Ensuite, on va y poser notre fuselage en morceaux pour reconstruire tout ce qui est abîmé. Il faut être capable d’analyser une casse et de voir si c’est réparable : il ne faut pas mettre en danger l’utilisateur. Une réparation ne doit ni être plus solide ni moins solide, il faut que le composite travaille comme à l’origine. La machine doit toujours avoir les mêmes caractéristiques. »

Réparer du composite ne s’improvise pas

Parmi les casses classiques, il y a les pilotes qui se loupent à l’atterrissage et font un cheval de bois, avec un fuselage rompu, il y a les inattentions en rentrant le planeur dans le hangar avec une aile qui finit dans un poteau, il y a aussi les accidents sur la route lors d’un transport sur remorque… « Il nous arrive aussi d’intervenir sur ULM ou avion, par exemple une cloison arrachée à la suite d’un mauvais atterrissage. Chaque avionneur possède sa recette de composite, certains vont construire en carbone, d’autres en fibre de verre ou rajouter des renforts ou non… Du coup, aucune casse ne se ressemble et la réparation va dépendre du modèle de planeur, de comment la machine est tombée : l’endroit de l’impact est différent, les torsions aussi… Chaque casse va donc demander une nouvelle analyse. La réparation ne s’improvise pas. » 

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Ce portrait est extrait du magazine Aviation et Pilote, premier mensuel indépendant français d’information sur l’aviation générale, qui traite également de l’aviation commerciale et de l’aviation d’affaires à travers ses rubriques: 12 numéros par an + 1 hors-série dédié aux formations et métiers de l’aérien. Aviation et Pilote est aussi organisateur du Salon des formations et métiers aéronautiques.

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