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Marie-Alice, 29 ans, est ingénieure navigant d’essai à la Direction générale de l’armement Essais en vol.

Décidée pour s’orienter vers une carrière militaire et scientifique, Marie-Alice s’inscrit après le lycée dans une classe préparatoire aux grandes écoles au lycée militaire de Saint-Cyr. Le principal concours qui l’intéresse est celui de l’ENSTA Bretagne, une école spécialisée dans l’innovation et notamment le secteur de la Défense ; elle est également sous tutelle de la Direction générale de l’armement (DGA). Marie-Alice intègre l’ENSTA en 2013 et choisit l’option « Systèmes, perception, information, décision » (SPID) avec pour spécialité « Perception et systèmes d’observation », laquelle est tournée vers les radars et capteurs. En 2e année, Marie-Alice fait un semestre d’échange en Chine, option télécommunication, à l’université de Tongji, mais, surtout, en 3e année, elle signe un contrat de professionnalisation avec Thales Systèmes Aéroportés, à Brest. Grâce à cette expérience professionnelle et suite à l’intervention en cours d’un membre de la DGA venu présenter ses métiers, Marie-Alice décide de postuler aux Essais en vol. Dès 2016, une fois ingénieure, elle passe des premiers entretiens, mais Thales lui propose un poste sur son site d’Élancourt, qu’elle accepte. En 2018, la DGA la rappelle et elle intègre enfin le département « Essais et expertise » de DGA Essais en vol de Cazaux comme ingénieure d’essai.

L’ingénieur d’essai est responsable d’un projet. En lien avec les industriels, il organise les campagnes, exprime les besoins en matière d’essais, mais ne les conduit pas depuis l’aéronef, ce qui est réservé aux personnels navigants d’essai. Le domaine d’intervention de Marie-Alice est les autodirecteurs de missiles. Elle conduit ses essais depuis le sol et, lorsque les vols ont lieu, elle travaille conjointement avec un ingénieur ou expérimentateur navigant d’essai.

L’objectif : faire voler

L’envie de partir en vol est déjà présente : « Le navigant va jusqu’au bout des essais, avec un retour immédiat sur ce pourquoi il part en vol et la possibilité d’agir en cas d’imprévu. » En 2019, Marie-Alice est approchée par sa hiérarchie pour passer l’examen de l’École du personnel navigant d’essai et de réception (EPNER). Direction Istres pour un an de formation où elle étudiera les techniques d’essais, dont notamment les ouvertures de domaine – tester quelque chose qui n’a jamais volé – sur tous types d’avions. « Un personnel navigant ne peut rien faire seul. C’est pourquoi des binômes sont créés dès la phase de la formation entre un conducteur d’essai et un pilote, en équipe avec les contrôleurs et mécaniciens navigants, et sont changés chaque trimestre pour s’habituer à travailler avec des personnes différentes. »

En effet, par la suite, l’ingénieur pourra être affecté à différents pilotes qui n’auront pas suivi les évolutions de l’équipement testé. « Je dois alors identifier ce qui est important de manière à ne pas surcharger d’informations le pilote et plus généralement les différents intervenants qui peuvent être nombreux : le responsable technique essai, le contrôleur aérien d’essai et de réception, parfois les moyens au sol comme les stations de mesure, les tourelles optiques, la salle d’écoute, ou encore l’industriel concerné. »

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© Photos : DGA

Conduire l’essai

Une longue préparation a lieu avant les essais. Pour cela, l’ingénieur doit avoir l’expertise sur le fonctionnement et les performances de son projet – un capteur à intégrer sur aéronef par exemple – et comment l’utiliser dans un environnement opérationnel. À chaque vol, l’ingénieur navigant mène un briefing avec tous les acteurs impliqués avant de conduire l’essai en vol. Il communique constamment avec le pilote et lui donne des directives, ce qu’il faut faire et comment : telle altitude, telle vitesse, etc. Et tous deux rédigeront un compte rendu de vol. « Au retour de vol, nous avons de nombreuses données à exploiter, que nous sommes allés chercher ensemble avec le pilote. »

Mais avant même l’essai, bien en amont, de nombreux autres métiers sont nécessaires pour faire fonctionner un matériel, notamment parce qu’il faut constamment modifier les avions qui servent de bancs d’essai, en l’occurrence un Fokker 100 et un Mirage 2000B : câbleurs, mécaniciens, spécialistes de l’informatique, etc. « C’est du sur-mesure. Un important travail d’équipe est nécessaire pour faire fonctionner quoi que ce soit. » Diplômée de l’EPNER depuis juillet 2021, Marie-Alice a été affectée à Cazaux, aux capteurs électromagnétiques, où elle teste des radars.

À lire également les métiers de pilote d’essai expérimental avion et de contrôleur aérien d’essai et de réception.