Pierre-Louis, MCA au Centre de rattachement aéronautique de Lille de Météo-France
Pierre-Louis, 24 ans, est météorologiste conseil aéronautique (MCA) au Centre de rattachement aéronautique (CRA) de Lille de Météo-France.
Pierre-Louis commence jeune à piloter. Il obtient son brevet de base à 15 ans, sa licence de pilote privé (PPL) à 17 ans. C’est aussi son premier contact avec la météorologie : apprendre à décoder les cartes, les messages de prévision, étudier la situation météo et son évolution… Inscrit en classes préparatoires, il se renseigne sur les parcours de contrôleur aérien et météorologiste. Finalement, il choisit l’École nationale de la météorologie (ENM), à Toulouse, qui forme à la fois des ingénieurs et des techniciens aux métiers de prévisionniste, climatologiste et chercheur en sciences de l’atmosphère. Il intègre le cursus ingénieur en 2021 sous le statut fonctionnaire plutôt que civil, notamment parce qu’il garantit une place au sein de Météo-France.
Diplômé en 2024, il choisit son affection sur une liste de postes, établie selon les besoins de Météo-France, en tant que météorologiste conseil éronautique au sein du Centre de rattachement aéronautique de Lille. De là, Pierre-Louis suit une formation de deux mois focalisée sur la météorologie aéronautique, puis il part au CRA de Lille. « Lorsque j’ai commencé à piloter, je ne m’imaginais pas que les données utilisées pour préparer notre météo demandaient autant d’analyse. Pour rédiger un TAF, je m’appuie sur des dizaines de données et de paramètres qu’il faut absorber afin d’être le plus précis possible. Et plus c’est précis, plus c’est compliqué ! »
La prévision au cœur du métier
Sa première mission est la rédaction de TAF – Terminal Aerodrome Forecast – qui sont des messages de prévision météorologique décrivant le temps qu’il fera sur un aérodrome et dans ses environs immédiats. Au CRA de Lille, ils en rédigent sept à heure régulière, soit toutes les trois heures en journée et six heures la nuit : trois TAF courts valables neuf heures, trois TAF longs valables 24 heures et un de trente heures. Les premiers sont généralement à destination des aérodromes, les autres pour les plus gros aéroports. Il y a toujours un prévisionniste en poste.
Pour faire ses prévisions, Pierre-Louis se sert de modèles de prévision numérique du temps (PNT), soit des représentations mathématiques de l’atmosphère qui traitent des millions de données d’observation. Météo-France a lui-même développé deux modèles : ARPEGE qui couvre l’ensemble du globe et AROME qui est plus affiné afin de prévoir des phénomènes de plus petite échelle, et Pierre-Louis s’appuie également sur d’autres modèles disponibles. Les fichiers de données brutes sont transformés en cartes, émagrammes, etc., que le prévisionniste analyse, voire « critique » en fonction des connaissances qu’il a de la zone géographique qu’il couvre.
Une autre de ses missions est la surveillance des METAR – Meteorological Aerodrome Report – qui sont, eux, des observations données à un instant précis. À l’exception de quelques aéroports, ils sont produits par des stations automatiques et Pierre-Louis doit s’assurer que les capteurs fonctionnent normalement en vérifiant la cohérence des données. Sa zone couvre dix aéroports qui publient des METAR.
Il répond également au téléphone pour un service d’analyse sur-mesure. Par exemple, les hélicoptères du SAMU ou de la gendarmerie, surtout l’hiver, lorsqu’ils sont en opération. Les pilotes pros pour du travail aérien, les pilotes de montgolfière l’été, mais aussi tout pilote privé ayant besoin d’une prévision. Le but est de trouver une solution pour que les vols se fassent en toute sécurité. Pierre-Louis apprécie cette proximité et, étant lui-même pilote, il comprend parfaitement les enjeux qu’il peut y avoir. Il lui est aussi déjà arrivé de participer à une formation de pilotes VFR à la demande d’un aéroclub : expliquer son métier, comment sont créés les TAF, quels sont les phénomènes météo…
Son métier englobe bien d’autres activités : rédiger des dossiers météo pour le BEA, la BGTA, faire des études météo, donner des cours dans des écoles, écouter les clients de Météo-France, soit les exploitants d’aéroports, etc. Pierre-Louis a également fait une mission de renfort en Martinique durant deux mois où il a été confronté à la météo tropicale. « Si vous êtes toujours en train de regarder le ciel et à vous poser des questions, lancez-vous. La passion part souvent d’une photo d’orage… »
Ce portrait est extrait du magazine Aviation et Pilote, premier mensuel indépendant français d’information sur l’aviation générale, qui traite également de l’aviation commerciale et de l’aviation d’affaires à travers ses rubriques: 12 numéros par an + 1 hors-série dédié aux formations et métiers de l’aérien. Aviation et Pilote est aussi organisateur du Salon des formations et métiers aéronautiques.
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