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Pilote de brousse au Canada avant d’entrer en compagnie

Zéro famille dans l’aérien, mais Viannet est passionné depuis son enfance au point d’être, à 26 ans, un pilote de la compagnie Air Inuit sur Dash 8, basé à Montréal.

Sept ans plus tôt, en 2018, après son bac S et une petite année en classe prépa, il vient au Salon des formations et métiers aéronautiques. Il rencontre Thierry Dugrippe, le patron d’Air Richelieu, une école de pilotage québécoise, et passe près de deux heures à parler avec lui d’avions, de compagnies et d’aventures. Un mois plus tard, en 2018, il s’envole pour le Québec. Après trois semaines de cours théoriques, il fait son premier vol tant attendu et, là, c’est un moment magique pour lui. Il sait qu’il est au bon endroit. Après avoir volé tout l’été, il découvre le vol en hiver. Il faut préparer l’avion par -25° et se faire aux conditions. Vianney est très impressionné et fasciné par les conditions météo qui renforce le côté aventure.

Après un petit « stop » dû à la COVID et quelques vols sous masques, il sort avec sa licence CPL-IR en décembre 2020, de même que sa « fratrie », c’est-à-dire tous les autres français en formation en même temps que lui, une joyeuse bande qui a fait la route ensemble. Il a tout juste 200 heures de vol et les embauches sont un peu gelées sur place. Il travaille un temps au sein de l’école à la préparation des avions avant devenir instructeur, ce qu’il a toujours souhaité. Il apprécie beaucoup ce plaisir de transmettre, de communiquer dans un cockpit, ce qui est le quotidien d’un pilote.

1300 heures de vol pour pouvoir postuler

Vianney accumule les d’heures de vol et vole de longues journées, 7 jours du 7. À 700 heures, il envoie quelques CV, mais cela ne donne rien. Il devra attendre d’en avoir 1300 pour pouvoir postuler à Air Inuit, la compagnie qu’il convoite depuis des mois. Après plusieurs entretiens et une séance de simulateur, il est finalement retenu, certainement la décision la plus attendue de sa vie. Tout devient concret, il sera pilote de ligne.

En juillet 2024, il commence les cours spécifiques de la compagnie avant les premières heures de la qualification de type. Il y a d’abord neuf séances de simulateur, un entraînement « costaud » et une bonne dose de stress le jour du test qui sera sans histoire. Pour son adaptation en ligne, il est envoyé 15 jours dans le Grand Nord, à Kuujjuaq. Il fait froid, environ -35 °, mais il vole tout le temps. Il faut ravitailler les communautés locales, les vols durent entre 9 minutes et une heure max, une série de sauts de puce entre les implantations. Il va voler 70 heures, les deux semaines les plus intenses de sa vie…

Il faut intégrer beaucoup d’informations, de pratiques, c’est plus compliqué quand les vols sont courts, d’autant que tout est nouveau pour lui, c’est très différent de l’instruction avec parfois 11 vols dans la journée. Son avion est le Dash 8, un biturbopropulseur très puissant dont il apprécie la polyvalence. Il est pilotable aussi facilement « tout à la main » qu’avec tous ses instruments et automatismes. Le 12e jour, il commence à être fatigué, ce qui est une composante de la vie d’aviateur qu’il a choisie et qu’il découvre.

En octobre 2024, il est officiellement lâché, il peut voler avec n’importe quel commandant de bord qui n’est pas instructeur. Dans un premier temps, il est envoyé trois mois dans les bases du Grand Nord sur un rythme 15 jours ON et 15 OFF. Il est depuis quelques semaines installé à Montréal. Cela va sans dire, Vianney est heureux de sa vie d’aviateur quand il faut poser son avion dans le Blizzard, sur une piste courte avec 35 kt de vent de travers. Il faut « mouiller la chemise », mais il adore cela. La prochaine étape sera le passage commandant de bord, sans doute l’été prochain, en 2026. Il existe un secteur Boeing 737 dans la compagnie, mais il faut être très expérimenté pour y être accepté. De toute façon, il aime tellement ce qu’il vit qu’il ne pense pas aux étapes suivantes. Cette vie d’aventure a commencé en Seine Saint-Denis dans un salon des formations par une rencontre très inspirante. Et pour le moment, il n’envisage pas de rentrer…

hors série métiers aéronautiques

Ce portrait vient en complément du Guide des métiers de l’aérien, édité par le magazine Aviation et Pilote qui est aussi organisateur du Salon des formations et métiers aéronautiques.

L’édition 2025 de ce hors-série Guide des métiers de l’aérien vous donnera toutes les réponses pour intégrer ses différentes filières, que vous souhaitiez travailler dans une compagnie aérienne, dans un aéroport, dans un atelier de maintenance, dans l’industrie aéronautique, spatiale et de la Défense ou que vous choisissiez la carrière militaire…