Formation chez l’ENAC pour devenir contrôleur aérien
Les avions passaient souvent au-dessus de la maison, cela lui a donné le goût de l’aérien. À 25 ans, Léa est contrôleuse au centre en route d’Aix-en-Provence depuis environ 4 ans.
Après avoir passé le brevet d’initiation aéronautique, elle effectue son stage de troisième à la tour de contrôle de Limoges. Son goût pour le contrôle est venu de là. Plus tard, en Maths sup, elle visite cette fois le centre de contrôle de Bordeaux : son choix d’en faire une profession est le bon. Reçue en 2019, 18e au concours de l’ENAC, elle intègre la promo de novembre. Assez vite, elle est envoyée en stage découverte au sein de plusieurs tours de contrôle, mais la COVID vient perturber sa formation, et le stage d’anglais en immersion est remplacé par des cours en visio, tout comme les premiers modules de la partie théorique… Le cursus reprend partiellement en juin pour les séances de simulateur, avec masque, le reste de la théorie se déroule toujours à distance. Grâce aux écrans des simulateurs, les élèves sont immergés dans une tour de contrôle d’aérodrome, on passe de la théorie à la pratique. Il y a beaucoup d’informations à gérer : les appareils qui arrivent, la circulation au sol, ceux au point d’attente… Léa a trouvé cette partie un peu complexe au départ, elle a préféré le radar…
Tout de suite après arrive le stage de pilotage. Tous les élèves contrôleurs reçoivent une formation aéronautique : la théorie de la licence du pilote privé et la pratique dans les quelques centres de formation de l’ENAC situés en France. Pour eux, c’est une bonne façon d’appréhender la communication, côté pilote, avec le contrôle aérien. Elle n’est pas une fan du pilotage, mais voler à plusieurs lui plaît pour les échanges à bord. D’ailleurs, tous, comme elle, ne passent pas le brevet de pilote. La suite est plus captivante : un stage de quatre semaines en immersion au sein en tour de contrôle. Là, elle parle pour la première fois à des pilotes « en vrai ».
Centre en route d’Aix-en-Provence
La suite se passe à l’ENAC pour découvrir le poste « approche », avec ou sans radar. Le phasage de la formation la conduit à découvrir le centre de contrôle en route, version avec strips et sans strips, ces petits morceaux de papier qui portent toutes les informations du vol. Léa prend conscience de la charge de travail et des situations complexes que cela génère. Elle découvre également cette dualité d’équipe entre les « radaristes », ceux qui donnent des instructions aux pilotes, et les « organiques », ceux en relation avec les autres secteurs de contrôle, et a surtout le sentiment d’être utile quand elle aide un pilote perdu dans une météo défavorable. Sa place de 6e sur 32 au classement lui permet de choisir le centre en route d’Aix-en-Provence, une étape avant, un jour, de postuler pour une place dans un grand aéroport.
En 2021, deux ans plus tard, elle est pleinement « opérationnelle », le timing normal pour une qualification sur un poste. L’intérêt est de pouvoir travailler avec plusieurs secteurs de contrôle par équipe, c’est finalement les instructeurs qui décident si vous êtes prêt ou pas. Depuis, Léa est heureuse, elle se sent utile, même si on ne peut pas dire que le job soit toujours exaltant. Cela peut être assez répétitif, mais il y a parfois des événements un peu stressant comme un aéroport qui ferme pour raison météo ou encore quand une panne totale de radar perturbe totalement le trafic pendant plus de cinq minutes. Cinq longues minutes d’écran noir. C’est à ce moment que le sens de la gestion du stress est le plus apprécié. Pas difficile à imaginer, un écran noir et des avions invisibles… Pour l’avenir, Léa sait qu’elle devra passer par une période en bureau, hors contrôle, soit occupée dans un rôle d’expert qui organise l’espace aérien, analyse les dossiers sécurité, défriches de nouvelles routes… Léa ne cache pas son goût pour l’instruction, car la plupart des contrôleurs la remplissent au contact des nouveaux élèves arrivants. L’avenir ? Pour l’heure, elle n’y pense pas beaucoup.
Ce portrait vient en complément du Guide des métiers de l’aérien, édité par le magazine Aviation et Pilote qui est aussi organisateur du Salon des formations et métiers aéronautiques.
L’édition 2025 de ce hors-série Guide des métiers de l’aérien vous donnera toutes les réponses pour intégrer ses différentes filières, que vous souhaitiez travailler dans une compagnie aérienne, dans un aéroport, dans un atelier de maintenance, dans l’industrie aéronautique, spatiale et de la Défense ou que vous choisissiez la carrière militaire…
Edouard, pilote au SAF
Édouard Maître, 52 ans, est pilote de Samu. Auparavant, il a monté sa propre société d’hélicoptère pour faire du travail aérien et de l’instruction.
Alexandre, pilote professionnel
Alexandre a été instructeur, avant de partir dans les îles y faire une partie de sa carrière comme pilote professionnel. Il a rejoint la Sécurité civile.
Travailler avec un handicap dans l’aérien
Hanvol favorise, par la formation en alternance, l’inclusion des demandeurs d’emploi en situation de handicap dans l’industrie aéronautique et spatiale.




