VOTRE PANIER

Votre panier est vide.

Sélectionner une page

Une vie aux commandes d’avions

Voilà un homme qui a eu mille vies. Son goût pour l’aviation a été précoce. Il a occupé une série de postes incroyables en freelance et en compagnies. Alain a terminé sa carrière chez Air France, bardé de toutes les qualifications possibles, la première étant celle bien sûr de commandant de bord sur Boeing 777, non sans avoir introduit dans la flotte l’Airbus A320, le Boeing 747-400 et l’A380. Pourtant, il n’est parti de rien, dans une famille peu aidante et des conditions de vie très précaires. Mais l’envie de voler lui donne des ailes, c’est même le fil rouge de sa vie.

Inscrit à l’aéro-club de Clermont-Ferrand, Alain passe son BIA à 16 ans. Il va multiplier les occasions pour voler, jouer les « morpions » de cockpit… Il va aussi faire tous les boulots : musicien, vendeur de porte à porte, apprenti menuisier, manutentionnaire en usine, déboucheur d’égouts jusqu’à apprendre la dactylo. Quatre ans plus tard, il obtient son PP-IFR, l’équivalent du CPL-IR d’aujourd’hui. Lui n’envoie pas de CV, il prend sa moto et fait le tour de tous ceux qui peuvent avoir besoin de voler pour des raisons professionnelles. On lui confie alors un avion, un Piper Aztèques PA-23, à exploiter… VRP volant, il décroche des contrats et va même créer une compagnie aérienne « Transport Air Centre ». Entre deux clients, il vole aussi pour une entreprise de maintenance et fait les convoyages, ainsi que les vols de réception. Fortuitement, l’homme a un certain bagou, il remplace le pilote du coureur automobile de Formule 1 Jacques Laffitte qui possède un Navajo et se déplace pour la saison européenne. Alain sympathise et quand l’autre pilote ne revient pas, il entre dans l’équipe. Mais il va saisir une autre opportunité : Guy Ligier, également pilote, puis propriétaire d’une écurie de course et qui a aussi une flotte d’avions, le débauche gentiment. Alain va voler sur plus gros : le biturbine Beech 90 et les jets Cessna Citation I, Falcon 10 et Lear 35. Cette fois, il va beaucoup plus loin et même aux USA pour chercher des avions. Il commence à se fait un petit nom dans un petit milieu.

En poste dans différentes compagnies

On lui propose un poste de commandant de bord aux Émirats sur jet d’affaires, mais il ne le « sent pas » et il préfère passer son PP1, l’équivalent du pilote de ligne aujourd’hui (ATPL), à Saint Yan. Là, on le pousse vers la ligne et il passe les sélections chez Air Inter (IT) sont les avions sillonnent la France. Alain est retenu, mais il craint de tomber dans la routine, de faire toujours les mêmes destinations, lui qui a déjà sillonné toute l’Europe. Il entre alors chez Brit Air qui est en train d’introduire l’ATR dans sa flotte. Alain est déjà instructeur. Il est chargé des études de lignes avec Airbus et notamment celle de London City où la piste fait moins de mille mètres. Il a d’ailleurs été le premier de la compagnie à se poser chez les Anglais, il a aussi écrit le programme de qualification de l’ATR.

En même temps, il postule chez UTA, et on lui propose, après la qualification de type (QT), une « direct entry captain », ce qui fait hurler les pilotes en poste, acceptant mal qu’un inconnu leur grille la liste de séniorité. Il fait deux pas en arrière. Il s’était déjà lancé dans les sélections Air France et intègre la compagnie en juillet 1988. À l’époque, on l’autorise à continuer d’honorer son contrat avec Brit Air qui n’est pas encore une filiale d’Air France. D’un côté, il continue de voler le week-end et d’instruire dans la compagnie bretonne, de l’autre, il passe sa QT Fokker 27. Il est affecté à la Poste de nuit, c’est glamour les premières semaines compte tenu de l’histoire, mais au bout de trois mois, il s’ennuie et le contrat s’arrête. Les deux compagnies veulent le garder.

Instructeur et examinateur

Air France est sur le point d’introduire l’A320 dans sa flotte, elle a besoin d’un copilote expérimenté. Il va faire partie de l’aventure à écrire le manuel d’exploitation entre Air France et Airbus. En parallèle de ces jobs, il va faire partie du jury des examens… en vol au sein de la DGAC. Oui, à l’époque, les examens du pilote de ligne ne se faisaient pas au simulateur, mais en live ! Pendant 12 ans, il va ainsi évaluer les candidats à la licence de pilote de ligne en place droite. Il va aussi tester les pilotes militaires en passant la QT Transall et même celle du DC-8. Il va travailler un peu partout dans le monde auprès des compagnies françaises à la demande de la DGAC, y compris au sein de l’aviation d’affaires. En dehors, il vole pour Air France et Brit Air…

Quand cette dernière achète des CRJ, il fait partie de l’équipe de lancement, d’autant qu’il y a créé le stage commandant de bord. Alain est sollicité de toute part. Air France lui demande de participer cette fois à l’introduction du Boeing 747-400, nous somme en 1996. Il va donc passer la QT et écrire le programme jusqu’à la mise en ligne. Au passage, on lui demande d’être chef pilote de Regional qui vient d’entrer dans le giron du groupe. Il n’y a plus assez de place dans son emploi du temps. Cependant, il devient captain et instructeur sur A320. On le nomme aussi instructeur expert : il va remettre à plat les programmes de QT, ceux de l’Institut Amaury de la Grange, l’école des professionnels d’Air France… Au bout d’un an et demi, il part sur 340 avec toutes les qualifications possibles TRI/TRE et contrôleur de TRE. Mais l’époque des quadriréacteurs touche à sa fin, le triple 7 arrive. Air France renonce à ses commandes d’Airbus A340.

Alain souhaite alors une vie plus tranquille et part vers le secteur Boeing. Quand la compagnie nationale introduit l’A380, on lui poste un poste sur le secteur. Alain décline l’offre, le réseau du Triple 7 est beaucoup plus intéressant. Son dernier bâton de maréchal reste le poste d’ingénieur contrôleur. Toute sa vie a été faite d’opportunités qu’il a su saisir, animé d’une inaltérable passion pour le vol malgré des origines plus que modestes.

hors série métiers aéronautiques

Ce portrait vient en complément du Guide des métiers de l’aérien, édité par le magazine Aviation et Pilote qui est aussi organisateur du Salon des formations et métiers aéronautiques.

L’édition 2025 de ce hors-série Guide des métiers de l’aérien vous donnera toutes les réponses pour intégrer ses différentes filières, que vous souhaitiez travailler dans une compagnie aérienne, dans un aéroport, dans un atelier de maintenance, dans l’industrie aéronautique, spatiale et de la Défense ou que vous choisissiez la carrière militaire…