Faire un CQP PNC en compagnie
Manon, 28 ans, est hôtesse de l’air chez Transavia. Elle témoigne sur son parcours de formation.
Manon envisage de devenir hôtesse de l’air au lycée. De la seconde à la terminale, elle part deux semaines par an aux États-Unis dans le cadre d’un programme d’échange scolaire, ce qui lui donne l’occasion de prendre l’avion et donc de discuter avec le personnel de bord. Elle se renseigne sur les écoles qui forment au CCA (Cabine Crew Attestation) afin d’exercer le métier, mais elle n’a pas le budget. De plus, continuer ses études lui semble une bonne idée pour pouvoir acquérir une expérience – et donc plus de maturité –, tout en s’assurant un plan B si elle tombe dans une période creuse d’emploi.
Après l’obtention de son bac en 2016, elle s’inscrit en BTS Tourisme qu’elle réalise en alternance chez le groupe Accor en tant que réceptionniste. Son projet d’enchaîner par une licence dans le tourisme et l’événementiel tombe à l’eau, faute de trouver une entreprise pour son contrat d’apprentissage. Elle va donc signer un premier poste en CDD comme chargé de clientèle, puis en CDI, à partir de 2019, dans une société où elle deviendra par la suite responsable commerciale. Transavia est l’un de ses clients, ce qui lui rappelle régulièrement son désir de devenir PNC. En novembre 2023, elle quitte finalement son job et s’inscrit chez Mermoz Academy. Son dossier est retenu.
« J’avais passé préalablement ma visite médicale auprès d’un médecin agréé – obligatoire avant de pouvoir postuler à une session chez Mermoz – et j’étais au courant des prérequis, présentation d’une attestation de natation ou encore l’anglais. Il faut posséder au minimum un niveau B2 que je vais confirmer un peu plus tard en réussissant les tests Linguaskill et LILATE. »
La formation est quant à elle scindée en deux parties : le théorique et la pratique, chacune sanctionnée par un examen. Manon vise le CCA DGAC, alors proposé par l’école [il existe également le CCA EASA]. La partie théorique s’étend sur trois semaines « très intensives ». Les sujets sont très nombreux. Bien entendu, il y a la description du métier, le travail en équipe, mais aussi de nombreux aspects liés à la sûreté, la sécurité, au secourisme qui sont les premières responsabilités d’un PNC. « Je ne pensais pas autant en apprendre sur le fonctionnement du corps humain ! » Elle valide cette première phase en décembre 2023. En février 2024, elle entame la partie pratique qui comporte plusieurs simulations : entraînements feu, en piscine, etc.
Un métier humain
Manon passe l’examen pratique en mars et obtient les résultats en avril : elle a son CCA. Dans ce laps de temps, Mermoz lui propose un poste d’assistante commerciale PNC au sein de l’école, qu’elle accepte ; elle y restera un an. De juillet à août, elle va également effectuer un stage PCB – personnel complémentaire de bord – chez Air Caraïbes. Son rôle est d’assister les hôtesses et stewards, une tâche essentiellement commerciale, sans actions sur la sécurité, mais il lui permet de compléter son expérience.
En septembre, Transavia annonce des sessions de recrutement pour des CQP (certificat de qualification professionnelle) rémunérés d’un an, avec ou sans CCA. Manon postule chez sa compagnie coup de cœur. Elle passe un entretien vidéo, puis est convoquée pour un exercice de groupe. Trois jours après, en octobre, elle apprend qu’elle est prise. S’ensuit le stage OCC, le stage d’adaptation à l’exploitant (Operator Conversion Course), sur deux semaines et demie. Lors de son année, elle va aussi bénéficier de formations supplémentaires au sol sur la relation client, la gestion de conflit ou encore l’anglais. Enfin, il y a le vol…
« J’ai d’abord effectué trois vols de familiarisation où j’observais l’équipage à pied d’œuvre, avant d’être lâchée par un instructeur de la compagnie aérienne. Depuis, je suis allée partout en Europe, au Cap-Vert, au Maghreb, en Israël… Dans l’avion, nous sommes coupés du monde et je prends soin de mes passagers. J’aime cette responsabilité et je me sens à ma place, un peu comme sur un nuage parmi d’autres nuages. » Manon a depuis validé son CQP et attend de signer un nouveau CDD chez Transavia.
Selon elle, pour devenir PNC, il faut comprendre la vraie nature du métier qui est avant tout humain et comporte beaucoup de contraintes en matière d’horaires, de fatigue, de stress… Il faut savoir s’adapter, en plus de garder toujours le sourire et son calme. « On donne tout pour le passager. »
Ce portrait est extrait du magazine Aviation et Pilote, premier mensuel indépendant français d’information sur l’aviation générale, qui traite également de l’aviation commerciale et de l’aviation d’affaires à travers ses rubriques: 12 numéros par an + 1 hors-série dédié aux formations et métiers de l’aérien. Aviation et Pilote est aussi organisateur du Salon des formations et métiers aéronautiques.
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