Se reconvertir pour travailler dans la tour de contrôle
Alycia, 25 ans, est agent AFIS (Aerodrome Flight Information Service) sur l’aéroport de Vannes, géré par Sealar.
Alycia a fait un bac pro Gestion et administration. Une fois sur le marché du travail, elle a travaillé dans divers secteurs : la restauration, l’usine, l’administratif…, sans jamais trouver le métier qui lui convienne. Elle a cependant toujours eu un intérêt pour l’aéronautique. Alycia envisage de rejoindre l’armée de l’Air et de l’Espace, lorsqu’elle tombe sur une offre de l’aéroport de Vannes pour un poste d’agent de facturation et d’accueil. Un CDD de 3 mois, mais c’est une porte d’entrée dans un monde qu’elle ne connaît pas encore.
Elle est embauchée au courant de l’été 2023 et découvre le milieu aéroportuaire, et notamment le métier d’agent AFIS. Lorsqu’une place se libère, Alycia se lance, encouragée par sa direction. « Avant d’arriver à Vannes, ce métier m’était totalement inconnu. Je l’ai trouvé très enrichissant, notamment parce que l’agent AFIS participe au bon fonctionnement de l’aéroport. » Fin 2023, elle s’inscrit à la formation théorique de l’agent AFIS. Elle partage son temps entre distanciel et présentiel durant environ 4 mois. « Cette phase initiale est très théorique. On suit plusieurs modules sur la réglementation, l’aéroport, les communications, la météorologie, les facteurs humains… Ce que j’ai trouvé le plus compliqué à appréhender était les espaces aériens, le plus sympa, la météo. » Sans aucune notion aéronautique au départ, Alycia y est arrivée parce que cela lui plaisait : « Je me suis donné les moyens d’y arriver et je n’ai pas eu peur de me lancer. »
Se former sur le terrain
Alycia réussit donc l’évaluation théorique initiale AFIS, puis entre en formation théorique et pratique directement sur l’aéroport de Vannes, qui va s’échelonner sur 6 mois, jusqu’à l’été 2024. « Tout dépend de l’activité de la plateforme : selon ses installations et les services proposés, la durée de formation sera plus longue, le minimum étant de 2 mois. À Vannes, il faut à la fois gérer des avions, des jets, des hélicoptères, des ULM, des parachutistes… Une grosse journée peut comptabiliser jusqu’à 200 mouvements. L’aéroport accueille aussi des vols sanitaires et il y a aussi le pélicandrome où la Sécurité civile se ravitaille en eau. Plusieurs associations et entreprises sont basées. Il n’y a pas de ligne régulière, mais des vols d’affaires. »
Alycia observe son binôme, un autre agent AFIS, jusqu’à effectuer elle-même les tâches de manière autonome. « Le plus compliqué à maîtriser n’a pas été la radio, mais plutôt de gérer la charge de travail, surtout que j’ai été qualifié à la haute saison où le trafic est le plus dense. Ma mission principale est d’assurer la sécurité des usagers en fournissant un service d’information et d’alerte. » Elle a également effectué une formation en anglais pour obtenir un niveau B1, puisque l’aéroport rend un service de la circulation aérienne dans la langue.
Ils sont quatre agents AFIS à se succéder en poste à la tour de contrôle. L’ouverture du service AFIS débute à 9h00, mais Alycia débute sa journée à 8h30 : écoute de la bande de la nuit pour vérifier s’il y a eu des mouvements, lecture des rapports, prise de la météo, contrôle de l’état des pistes avec les pompiers… Puis elle passe au micro. « Sur l’aéroport de Vannes, il n’y a pas de radar. Nous utilisons nos yeux et nos oreilles, et des strips : arrivée, départ, transit, local… Pour ma part, je visualise tous les trafics dans un espace fictif, que j’imagine au-dessus de moi, pour m’aider à situer les différents aéronefs lorsqu’il y a contact radio. Je dois faire attention à ne pas donner d’ordre, et employer des termes comme « à votre convenance », « je vous signale »… Cette phraséologie particulière est très importante à maîtriser. » Lorsqu’il n’y a personne à la tour, l’aéroport est en auto-information : les pilotes donnent eux-mêmes des informations sur leur aéronef, leur position, intention, etc. Alycia effectue également différentes tâches administratives comme la facturation, voire entretenir le terrain comme tondre le gazon.
Pour Alycia, pour exercer ce métier, il faut avoir de la patience, du self-control, être organisé… « Plusieurs personnes peuvent parler en même temps à la radio. Récemment, j’ai eu cinq appareils en tour de piste, plus des paras militaires en exercice. Il faut savoir garder son calme, l’important est la sécurité, nous avons beaucoup de responsabilités. »
Ce portrait est extrait du hors-série dédié aux formations et métiers de l’aérien d’Aviation et Pilote qui est aussi l’organisateur du Salon des formations et métiers aéronautiques.
Vous aussi, parlez de votre métier !
Vous êtes professionnel (H/F) ou une entreprise travaillant dans le secteur aéronautique, spatial et de la Défense, et vous souhaitez mettre en avant un métier et un parcours peu connu du grand public ou inspirant ?
Bourses de la vocation Le Tomato 2025
L’association Le Tomato attribue 3/4 Bourses de la vocation aéronautique « Pilote » ou « Ingénieur ». Les candidatures pour 2025 sont ouvertes.
Offre d’emploi ENAC
L’ENAC, École Nationale de l’Aviation Civile, organise une sélection en vue d’un recrutement de Personnels navigants techniques de la DGAC.
Thierry, pilote de jets d’affaires
Thierry est pilote de jets d’affaires. Son parcours l’a amené à travailler pour des compagnies, des entreprises, des privés propriétaires d’un jet…
Élisabeth, commandant de bord chez Oyonnair
Élisabeth Kristensen, pilote professionnelle et commandante de bord, dirige également la compagnie Oyonnair spécialisée dans l’EVASAN et le transport d’organes.
Féminisons les métiers de l’aéronautique
Groupe ADP a accueilli le 8 mars les rencontres « Féminisons les métiers de l’aéronautique et du spatial », organisées par Airemploi. La passion est toujours là et s’avère parfois indispensable pour surmonter les obstacles.
SFMA 2024, un public passionné
13 296 visiteurs : le SFMA a connu une affluence record qui montre que l’intérêt pour l’aérien est toujours aussi vif chez les jeunes et leurs parents.

